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 les jolis poèmes (ou extraits)

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Pulsabisou

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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Lun 8 Juin - 21:07

Merci pour ces deux poèmes ! J'en rajoute un au premier vers inégalable.



Sonnet saluant la mort de Villers de L'Isle-Adam.
Paul Verlaine


Tu nous fuis, comme fuit le soleil sous la mer,
Derrière un rideau lourd de pourpres léthargiques,
Las d’avoir splendi seul sur les ombres tragiques
De la terre sans verbe et de l’aveugle éther.

Tu pars, âme chrétienne, on m’a dit résignée,
Parce que tu savais que ton Dieu préparait
Une fête enfin claire à ton cœur sans secret,
Une amour toute flamme à ton amour ignée.

Nous restons pour encore un peu de temps ici,
Conservant ta mémoire en notre espoir transi,
Tels des mourants savourent l’huile du Saint-Chrême.

Villiers, sois envié comme il aurait fallu
Par tes frères impatients du jour suprême
Où saluer en toi la gloire d’un élu.
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Mar 9 Juin - 13:00

"Aux marches du palais,
Aux marches du palais,
Y a une tant belle fille, Lonla,
Y a une tant belle fille.

Elle a tant d'amoureux,
Elle a tant d'amoureux,
Qu'elle ne sait lequel prendre, Lonla,
Qu'elle ne sait lequel prendre.

C'est un p'tit cordonnier,
C'est un p'tit cordonnier,
Qu'a z'eu la préférence, Lonla,
Qu'a z'eu la préférence.

C'est en la l'y chaussant,
C'est en la l'y chaussant,
Qu'il y fit sa demande, Lonla,
Qu'il y fit sa demande.

"La belle si tu voulais,
La belle si tu voulais,
Nous dormirions ensemble, Lonla,
Nous dormirions ensemble.

Dans un grand lit carré,
Dans un grand lit carré,
Couvert de teille blanche, Lonla,
Couvert de teille blanche.

Aux quatre coins du lit,
Aux quatre coins du lit,
Un bouquet de pervenches, Lonla,
Un bouquet de pervenches.

Dans le mitan du lit,
Dans le mitan du lit,
La rivière est profonde, Lonla,
La rivière est profonde.

Tous les chevaux du Roi,
Tous les chevaux du Roi,
Pourraient y boire ensemble, Lonla,
Pourraient y boire ensemble.

Et nous y dormirions,
Et nous y dormirions,
Jusqu'à la fin du monde, Lonla,
Jusqu'à la fin du monde."


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fifty pazi
la toute-jolie
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Lun 22 Juin - 0:23

A vingt ans c'est un tremblement
De voir ses yeux dans l'eau des femmes
La chambre a la parure de la mer
Comme deux oiseaux qui volent ensemble s'écrasent
Du silence dangereux des nids
La nuit a mêlé nos âges
Ô mélodie de la pierre des îles

Georges Schehadé
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BLONDEUR DES BLÉS



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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Lun 22 Juin - 12:57

ça commence bien puis ça se gâche
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BACH



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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Mar 23 Juin - 15:57

ça commence bien puis ça se gâche
Comme deux oiseaux qui volent ensemble s'écrasent

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au revoir au revoir
MONARQUE DU BISOU


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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Mar 23 Juin - 16:25

Après-la-pluie-le a écrit:
ça commence bien puis ça se gâche
Comme deux oiseaux qui volent ensemble s'écrasent


cette comparaison est invraisemblable :')
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Pulsabisou

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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Mar 23 Juin - 17:17

tout dépend contre quoi ?
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Mar 23 Juin - 17:42

Celui qui boit, comme a chanté Nicandre,
De l'Aconite, il a l'esprit troublé,
Tout ce qu'il voit lui semble estre doublé,
Et sur ses yeux la nuit se vient espandre.

Celui qui boit de l'amour de Cassandre,
Qui par ses yeux au coeur est ecoulé,
Il perd raison, il devient afolé,
Cent fois le jour la Parque le vient prendre.

Mais la chaut vive, ou la rouille, ou le vin
Ou l'or fondu peuvent bien mettre fin
Au mal cruel que l'Aconite donne :

La mort sans plus a pouvoir de garir
Le coeur de ceux que Cassandre empoisonne,
Mais bien heureux qui peut ainsi mourir.


Ronsard
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Mar 23 Juin - 17:44



Ces liens d'or, cette bouche vermeille,
Pleine de lis, de roses et d'oeillets,
Et ces coraux chastement vermeillets,
Et cette joue à l'Aurore pareille ;

Ces mains, ce col, ce front, et cette oreille,
Et de ce sein les boutons verdelets,
Et de ces yeux les astres jumelets,
Qui font trembler les âmes de merveille,

Firent nicher Amour dedans mon sein,
Qui gros de germe avait le ventre plein
D'oeufs non formés qu'en notre sang il couve.

Comment vivrai-je autrement qu'en langueur,
Quand une engeance immortelle je trouve
D'Amours éclos et couvés en mon coeur ?


Ronsard
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Mar 23 Juin - 17:45



Le printemps n'a point tant de fleurs,
L'autonne tant de raisins meurs,
L'esté tant de chaleurs halées,
L'hyver tant de froides gelées,
Ny la mer a tant de poissons,
Ny la Beauce tant de moissons,
Ny la Bretaigne tant d'arenes,
Ny l'Auvergne tant de fonteines,
Ny la nuict tant de clairs flambeaux,
Ny les forests tant de rameaux,
Que je porte au coeur, ma maistresse,
Pour vous de peine et de tristesse.



Ronsard
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Mar 23 Juin - 17:47

Et le plus beau de tous Sad



Comme on voit sur la branche au mois de may la rose,
En sa belle jeunesse, en sa premiere fleur,
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l'Aube de ses pleurs au poinct du jour l'arrose ;

La grace dans sa feuille, et l'amour se repose,
Embasmant les jardins et les arbres d'odeur ;
Mais batue ou de pluye, ou d'excessive ardeur,
Languissante elle meurt, fueille à fueille déclose.

Ainsi en ta premiere et jeune nouveauté,
Quand la Terre et le Ciel honoraient ta beauté,
La Parque t'a tuee, et cendre tu reposes.

Pour obseques reçoy mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de laict, ce panier plein de fleurs,
Afin que vif et mort ton corps ne soit que roses.




Sad

Ronsard
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BACH



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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Mar 23 Juin - 17:51

ronsard <3 Sad je crois que j'ai déjà posté celui avec Nicandre, mais il mérite un double post <3
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fifty pazi
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Mar 23 Juin - 18:04

je suis d'accord, les quatre premiers vers sont jolis (le troisième un peu moins) et le reste un peu moins
mais ça semble être le lot de tous ses poèmes, deux exemples :

C'est encore une fois l'automne
Le jardin court derrière ses feuilles

Personne n'est plus là :
Les fenêtres les gens
Mais le vent

Il y a une lune oubliée
Dans le ciel comme une figure

En souvenir du bel été
A boire disait une fontaine






Quand les yeux se perdent dans le sommeil
Comme au fond d'un puits les visages
Il vient un songe avec ses paysages
Sur le dormeur de la nuit
Et c'est dans un ciel noir fuyant ses étoiles
Une fenêtre à l'aurore
Avec une tête penchée de femme
Et qui demeure dans le songe une énigme
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BLONDEUR DES BLÉS



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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Mar 23 Juin - 19:20

On dirait qu'il écrit sur l'arche des bisous
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Estherfluette
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Mer 1 Juil - 22:48

LA NUIT

J'ai déjà tout dit — sauf le silence,
sauf la pénombre dont je longe la passerelle,
et la lueur de l'aube, les douleurs d'un amour tardif,
indicible. Nuit pleine, la nuit est pleine.


PAROLE DE RUINE

Je veux venir près de toi.
Je ne trouve vrais
ni la pierre, ni le monde ni les distances.
Le coup d'aile d'un oiseau dans le ciel de grand gel dure aussi longtemps que la ville aux murs coulés de béton.
Il m'a fallu me briser avant de perdre mes illusions.
Aujourd'hui,
je suis certain que tes cellules m'entendent quand je parle la langue aux mille sens des ruines
en moi-même, mais rien que pour toi en vérité.


POÈME DE NOËL 95

[...]

Le bonheur est éphémère, mais il renaît sans cesse.
On enterre les déceptions, et l'illusion repousse.
Elle fleurira demain.
Dans mon cœur je fais pousser pour toi
des tulipes, des jacinthes, des flammes de bougie
pour toi, qui es un million.
Le cœur est un symbole, la fleur ne l'est pas, elle est faite de chair vivante.
Tu la touches et tu es réel. Tant d'existences qui sont les tiennes.
Les draps purs pour un soir de fête je les ai ouverts pour toi.
Il pleut des étoiles dans notre lit, cependant que nous sommeillons.


Je relis Pentti Holappa.
I love you


Dernière édition par Estherfluette le Mer 1 Juil - 23:46, édité 1 fois
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Estherfluette
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Mer 1 Juil - 23:17

Oh et puis

La marche à l'amour

Tu as les yeux pers des champs de rosées
tu as des yeux d'aventure et d'années-lumière
la douceur du fond des brises au mois de mai
dans les accompagnements de ma vie en friche
avec cette chaleur d'oiseau à ton corps craintif
moi qui suis charpente et beaucoup de fardoches
moi je fonce à vive allure et entêté d'avenir
la tête en bas comme un bison dans son destin
la blancheur des nénuphars s'élève jusqu'à ton cou
pour la conjuration de mes manitous maléfiques
moi qui ai des yeux où ciel et mer s'influencent
pour la réverbération de ta mort lointaine
avec cette tache errante de chevreuil que tu as

tu viendras tout ensoleillée d'existence
la bouche envahie par la fraîcheur des herbes
le corps mûri par les jardins oubliés
où tes seins sont devenus des envoûtements
tu te lèves, tu es l'aube dans mes bras
où tu changes comme les saisons
je te prendrai marcheur d'un pays d'haleine
à bout de misères et à bout de démesures
je veux te faire aimer la vie notre vie
t'aimer fou de racines à feuilles et grave
de jour en jour à travers nuits et gués
de moellons nos vertus silencieuses
je finirai bien par te rencontrer quelque part
bon dieu!
et contre tout ce qui me rend absent et douloureux
par le mince regard qui me reste au fond du froid
j'affirme ô mon amour que tu existes
je corrige notre vie

nous n'irons plus mourir de langueur
à des milles de distance dans nos rêves bourrasques
des filets de sang dans la soif craquelée de nos lèvres
les épaules baignées de vols de mouettes
non
j'irai te chercher nous vivrons sur la terre
la détresse n'est pas incurable qui fait de moi
une épave de dérision, un ballon d'indécence
un pitre aux larmes d'étincelles et de lésions
          profondes
frappe l'air et le feu de mes soifs
coule-moi dans tes mains de ciel de soie
la tête la première pour ne plus revenir
si ce n'est pour remonter debout à ton flanc
nouveau venu de l'amour du monde
constelle-moi de ton corps de voie lactée
même si j'ai fait de ma vie dans un plongeon
une sorte de marais, une espèce de rage noire
si je fus cabotin, concasseur de désespoir
j'ai quand même idée farouche
de t'aimer pour ta pureté
de t'aimer pour une tendresse que je n'ai pas connue
dans les giboulées d'étoiles de mon ciel
l'éclair s'épanouit dans ma chair
je passe les poings durs au vent
j'ai un coeur de mille chevaux-vapeur
j'ai un coeur comme la flamme d'une chandelle
toi tu as la tête d'abîme douce n'est-ce pas
la nuit de saule dans tes cheveux
un visage enneigé de hasards et de fruits
un regard entretenu de sources cachées
et mille chants d'insectes dans tes veines
et mille pluies de pétales dans tes caresses

tu es mon amour
ma clameur mon bramement
tu es mon amour ma ceinture fléchée d'univers
ma danse carrée des quatre coins d'horizon
le rouet des écheveaux de mon espoir
tu es ma réconciliation batailleuse
mon murmure de jours à mes cils d'abeille
mon eau bleue de fenêtre
dans les hauts vols de buildings
mon amour
de fontaines de haies de ronds-points de fleurs
tu es ma chance ouverte et mon encerclement
à cause de toi
mon courage est un sapin toujours vert
et j'ai du chiendent d'achigan plein l'âme
tu es belle de tout l'avenir épargné
d'une frêle beauté soleilleuse contre l'ombre
ouvre-moi tes bras que j'entre au port
et mon corps d'amoureux viendra rouler
sur les talus du mont Royal
orignal, quand tu brames orignal
coule-moi dans ta plainte osseuse
fais-moi passer tout cabré tout empanaché
dans ton appel et ta détermination

Montréal est grand comme un désordre universel
tu es assise quelque part avec l'ombre et ton coeur
ton regard vient luire sur le sommeil des colombes
fille dont le visage est ma route aux réverbères
quand je plonge dans les nuits de sources
si jamais je te rencontre fille
après les femmes de la soif glacée
je pleurerai te consolerai
de tes jours sans pluies et sans quenouilles
des circonstances de l'amour dénoué
j'allumerai chez toi les phares de la douceur
nous nous reposerons dans la lumière
de toutes les mers en fleurs de manne
puis je jetterai dans ton corps le vent de mon sang
tu seras heureuse fille heureuse
d'être la femme que tu es dans mes bras
le monde entier sera changé en toi et moi

la marche à l'amour s'ébruite en un voilier
de pas voletant par les lacs de portage
mes absolus poings
ah violence de délices et d'aval
j'aime
          que j'aime
                            que tu t'avances
                                                     ma ravie
frileuse aux pieds nus sur les frimas de l'aube
par ce temps profus d'épilobes en beauté
sur ces grèves où l'été
pleuvent en longues flammèches les cris des pluviers
harmonica du monde lorsque tu passes et cèdes
ton corps tiède de pruche à mes bras pagayeurs
lorsque nous gisons fleurant la lumière incendiée
et qu'en tangage de moisson ourlée de brises
je me déploie sur ta fraîche chaleur de cigale
je roule en toi
tous les saguenays d'eau noire de ma vie
je fais naître en toi
les frénésies de frayères au fond du coeur d'outaouais
puis le cri de l'engoulevent vient s'abattre dans ta
          gorge
terre meuble de l'amour ton corps
se soulève en tiges pêle-mêle
je suis au centre du monde tel qu'il gronde en moi
avec la rumeur de mon âme dans tous les coins
je vais jusqu'au bout des comètes de mon sang
haletant
          harcelé de néant
                                   et dynamité
de petites apocalypses
les deux mains dans les furies dans les féeries
ô mains
ô poings
comme des cogneurs de folles tendresses
mais que tu m'aimes et si tu m'aimes
s'exhalera le froid natal de mes poumons
le sang tournera ô grand cirque
je sais que tout mon amour
sera retourné comme un jardin détruit
qu'importe je serai toujours si je suis seul
cet homme de lisière à bramer ton nom
éperdument malheureux parmi les pluies de trèfles
mon amour ô ma plainte
de merle-chat dans la nuit buissonneuse
ô fou feu froid de la neige
beau sexe léger ô ma neige
mon amour d'éclairs lapidée
morte
dans le froid des plus lointaines flammes

puis les années m'emportent sens dessus dessous
je m'en vais en délabre au bout de mon rouleau
des voix murmurent les récits de ton domaine
à part moi je me parle
que vais-je devenir dans ma force fracassée
ma force noire du bout de mes montagnes
pour te voir à jamais je déporte mon regard
je me tiens aux écoutes des sirènes
dans la longue nuit effilée du clocher de
      Saint-Jacques
et parmi ces bouts de temps qui halètent
me voici de nouveau campé dans ta légende
tes grands yeux qui voient beaucoup de cortèges
les chevaux de bois de tes rires
tes yeux de paille et d'or
seront toujours au fond de mon coeur
et ils traverseront les siècles

je marche à toi, je titube à toi, je meurs de toi
lentement je m'affale de tout mon long dans l'âme
je marche à toi, je titube à toi, je bois
à la gourde vide du sens de la vie
à ces pas semés dans les rues sans nord ni sud
à ces taloches de vent sans queue et sans tête
je n'ai plus de visage pour l'amour
je n'ai plus de visage pour rien de rien
parfois je m'assois par pitié de moi
j'ouvre mes bras à la croix des sommeils
mon corps est un dernier réseau de tics amoureux
avec à mes doigts les ficelles des souvenirs perdus
je n'attends pas à demain je t'attends
je n'attends pas la fin du monde je t'attends
dégagé de la fausse auréole de ma vie
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fifty pazi
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Jeu 2 Juil - 0:02

oh mon Dieu avant de voir le nom je me disais... cette voix...

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Février
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Jeu 2 Juil - 0:30

I love you aussi
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Estherfluette
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Sam 4 Juil - 2:29

Les autres étés

Il y aura d'autres étés
D'autres grillons feront leurs gammes
dans d'autres blés
On croisera sur la route d'autres dames

Un autre merle inventera
une chanson presque la même
Un autre monsieur se trouvera là
sous cet arbre où je t'aime

Une petite fille qui n'est pas née encore
Fera une poupée en coquelicot
A cet endroit précis où ton corps
endormi se mêle au bruit de l'eau

On dira (mais ce seront d'autres)
Il faudrait bien un bon coup de pluie
Ça ferait du bien aux récoltes
Les mots feront le même bruit

Mais plus personne plus personne
ne se servira de mon cœur à moi
ni de ta voix à toi qui résonne
dans mon oreille et mon corps à moi

Claude Roy
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Roman russe
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Sam 4 Juil - 4:15

Oh c'est vilain de m'empêcher de le poster moi-même. Surprised
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ritaline



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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Lun 13 Juil - 6:13

Qui peut dire : ceci est arrivé, parce que les événements l’ont permis ? Ceci s’est passé, parce que, à un certain moment, les faits sont devenus trompeurs et, par leur agencement étrange, ont autorisé la vérité à s’emparer d’eux ?

Moi-même, je n’ai pas été le messager malheureux d’une pensée plus forte que moi, ni son jouet, ni sa victime, car cette pensée, si elle m’a vaincu, n’a vaincu que par moi, et finalement elle a toujours été à ma mesure, je l’ai aimée et je n’ai aimé qu’elle, et tout ce qui est arrivé, je l’ai voulu, et n’ayant eu de regard que pour elle, où qu’elle ait été et où que j’aie pu être, dans l’absence, dans le malheur, dans la fatalité des choses mortes, dans la nécessité des choses vivantes, dans la fatigue du travail, dans ces visages nés de sa curiosité, dans mes paroles fausses, dans mes serments menteurs, dans le silence et dans la nuit, je lui ai donné toute ma force et elle m’a donné toute la sienne, de sorte que cette force trop grande, incapable d’être ruinée par rien, nous voue peut-être à un malheur sans mesure, mais, si cela est, ce malheur je le prends sur moi et je m’en réjouis sans mesure et, à elle, je dis éternellement : “ Viens ”, et éternellement elle est là. »

Maurice Blanchot
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Lun 13 Juil - 11:36


Le Bâillon sur la Table
par Paul Eluard

Ancien acteur qui joue des pièces d'eau

De vieilles misères bien transparentes

Le doux fer rouge de l'aurore

Rend la vue aux aveugles

J'assiste au lever des murs

A la lutte entre la faiblesse et la fatigue

A l'hiver sans phrases.

Les images passées à leur manière sont fidèles

Elles imaginent la fièvre et le délire

Tout un dédale où ma main compliquée s'égare

J'ai été en proie il y a longtemps

A des hallucinations de vertus

Je me suis vu pendu à l'arbre de la morale

J'ai battu le tambour de la bonté

J'ai modelé la tendresse

J'ai caressé ma mère

J'ai dormi toute la nuit
J'ai perdu le silence

Voici les voix qui ne savent plus que ce qu'elles taisent

Et voici que je parle

Assourdi j'entends pourtant ce que je dis

En m'écoutant j'instruis.
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Estherfluette
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Mer 15 Juil - 21:07

Tes yeux m'interrogent, tristes, cherchant à pénétrer ma pensée; de même la lune voudrait
connaître l'intérieur de l'océan.
J'ai mis à nu devant toi ma vie tout entière, sans en rien omettre ou dissimuler.
C'est pourquoi tu ne me connais pas.
Si ma vie était une simple pierre colorée, je pourrais la briser en cent morceaux et t'en faire
un collier que tu porterais autour du cou.
Si elle était simple fleur, ronde, et petite, et parfumée, je pourrais l'arracher de sa tige et la
mettre sur tes cheveux.
Mais ce n'est qu'un cœur, bien-aimée. Où sont ses rives, où sont ses racines?
Tu ignores les limites de ce royaume sur lequel tu règnes.
Si ma vie n'était qu'un instant de plaisir, elle fleurirait en un tranquille sourire que tu pourrais
déchiffrer en un moment.
Si elle n'était que douleur, elle fondrait en larmes limpides, révélant silencieusement la
profondeur de son secret.
Ma vie n'est qu'amour, bien-aimée.
Mon plaisir et ma peine sont sans fin, ma pauvreté et ma richesse éternelles.
Mon cœur est près de toi comme ta vie même, mais jamais tu ne pourras le connaître tout entier.

Rabindranath Tagore, Le jardinier d'amour
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ritaline



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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Mer 15 Juil - 22:47

La chronique aurait pu s'en tenir au lieu commun : ils s'aimèrent d'une passion éternelle. Mais le secret pressenti est plus profond. Tristan et Yseult, après trois ans, se réveillent de leur désir. Trois ans : après quoi ils s'oublient, mais, dans cet oubli, c'est alors qu'ils s'approchent du vrai centre de leur passion qui, interrompue, persévère. De là leur malaise. Ils ne s'aiment plus, c'est juste, le temps en est passé, toutes leurs nouvelles rencontres semblent irréelles comme un récit qui se continuerait sans eux; ils ne s'aiment plus dans ce temps-ci, mais c'est sans importance, car la passion ne se soucie pas de ce temps, ne peut être rachetée ni apaisée par l'oeuvre du temps. Cela ne veut pas dire qu'ils revivent leur histoire et, désormais sans amour, sont ramenés par la nostalgie de leurs souvenirs vers des jours qu'ils ne pourraient plus revivre et qui leur ôteraient le goût de vivre des jours nouveaux; ce n'est pas une affaire de psychologie. Leurs vicissitudes nous renvoient d'abord à un autre mouvement. Quand l'absolu de la séparation s'est fait rapport, il n'est plus possible d'être séparé. Quand le désir s'est éveillé de par l'impossibilité et de par la nuit, le désir peut bien prendre fin et le coeur vide s'en détourner : dans ce vide et dans cette fin, dans cette passion rassasiée, c'est l'infini de la nuit elle-même qui continue de se désirer, désir neutre qui ne tient compte ni de toi ni de moi, qui apparait donc comme un mystère où sombre le bonheur des relations privées, échec pourtant plus nécessaire et plus précieux que tous les triomphes, s'il tient cachée et réservée l'exigence d'un rapport différent. Peut-être, derrière l'histoire de Tristan et d'Yseult, faut-il saisir cette ombre : l'oubli est l'espace muet, fermé, où erre sans fin le désir; là où quelqu'un est oublié, là il est désiré; mais il faut un profond oubli. L'oubli : le mouvement d'oublier : l'infini qui s'ouvre, se fermant, avec l'oubli - à condition de l'accueillir, non par la légèreté qui libère la mémoire de la mémoire, mais, dans le souvenir même, comme le rapport avec ce qui se cache et que nulle présence ne saurait retenir.

M. Blanchot, L'ENTRETIEN INFINI
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Jeu 16 Juil - 13:54

coool (pour les deux)
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   

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