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 les jolis poèmes (ou extraits)

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Février
ATTENTISME FRIGIDE
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MessageSujet: les jolis poèmes (ou extraits)   Lun 3 Nov - 17:26

ici les jolis poèmes


de Xavier Villaurrutia (il fallait du Villaurrutia ici I love you)

NOCTURNE

Tout cela que la nuit
dessine de sa main
obscure :
le plaisir qui révèle,
le vice qui dénude.

Tout cela que l'obscur
fait entendre avec le
dur choc de son silence :
les voix inattendues
que parfois il enflamme,
le hurlement du sang,
une rumeur de pas
égarés.

Tout ce que le silence
fait fuir de chaque chose :
la buée du désir,
la sueur de la terre,
et le parfum sans nom
de la peau.

Tout ce dont le désir
vient humecter mes lèvres :
la douceur souhaitée
d'un contact,
le savoureux savoir
de la salive.

Et tout ce que le songe
rend palpable :
les lèvres d'une plaie,
la forme d'une entrailles,
la fièvre d'une main
qui se risque.

Tout !
glisse dans chaque branche
de l'arbre de mes veines
vient caresser mes cuisses,
inonde mes oreilles,
habite mes yeux morts,
meurt à mes lèvres dures.



QUAND LA SOIRÉE...

Quand la soirée ferme ses fenêtres lointaines,
ses portes invisibles,
pour que la poussière, la fumée, la cendre,
implables, obscures,
lentes comme le travail de la mort
de l'enfant
croissent peu à peu ;

quand la soirée, enfin, a recueilli
la dernière lumière, le dernier nuage,
le reflet oublié, le bruit interrompu,
la nuit surgit silencieusement
des rainures secrètes,
des coins dissimulés,
de bouches entr'ouvertes,
des yeux de l'insomnie.

La nuit surgit avec la fumée dense
de la cigarette et de la cheminée.
La nuit surgit enveloppée dans son manteau de poussière.
La poussière monte, lente.
Et d'un ciel impassible,
chaque fois plus proche, chaque fois plus compact,
pleut de la cendre.

Quand la nuit de fumée, de poussière et de cendre
enveloppe la ville, les hommes demeurent
un instant interdits
car en eux, avec la nuit, est né le désir.


Dernière édition par bisou-les-petits-nez le Ven 28 Nov - 0:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Mar 11 Nov - 21:04

Bonne fortune et fortune.

Odor della feminita.

Moi, je fais mon trottoir, quand la nature est belle,
Pour la passante qui, d'un petit air vainqueur,
Voudra bien crocheter, du bout de son ombrelle,
Un clin de ma prunelle ou la peau de mon coeur...

Et je me crois content – pas trop ! – mais il faut vivre :
Pour promener un peu sa faim, le gueux s'enivre...

Un beau jour – quel métier ! – je faisais, comme ça,
Ma croisière. – Métier !...– Enfin, Elle passa
– Elle qui ? – La Passante ! Elle, avec son ombrelle !
Vrai valet de bourreau, je la frôlai... – mais Elle

Me regarda tout bas, souriant en dessous,
Et... me tendit sa main, et...
m'a donné deux sous.

Rue des Martyrs.


Un que j'ai découvert de Corbière tout récemment Smile
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Dim 16 Nov - 22:22

Le chien et le flacon

    « – Mon beau chien, mon bon chien, mon cher toutou, approchez et venez respirer un excellent parfum acheté chez le meilleur parfumeur de la ville. »
    Et le chien, en frétillant de la queue, ce qui est, je crois, chez ces pauvres êtres, le signe correspondant du rire et du sourire, s'approche et pose curieusement son nez humide sur le flacon débouché ; puis reculant soudainement avec effroi, il aboie contre moi, en manière de reproche.
    « – Ah! misérable chien, si je vous avais offert un paquet d'excréments, vous l'auriez flairé avec délices et peut-être dévoré. Ainsi, vous-même, indigne compagnon de ma triste vie, vous ressemblez au public, à qui il ne faut jamais présenter des parfums délicats qui l'exaspèrent, mais des ordures soigneusement choisies. »


Baudelaire.
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au revoir au revoir
MONARQUE DU BISOU


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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Dim 16 Nov - 22:34

Baudelaire, putain d'aristo chéri

je te conseille aussi sa prose sur le miroir :')
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Dim 16 Nov - 22:46

je suis là en train de lire tout le spleen - dont je m'étais fourvoyé sur les qualités, par les lectures distraites que j'avais faites de quelques extraits
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Février
ATTENTISME FRIGIDE
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Ven 28 Nov - 0:34

un peu de théâtre ( Wajdi Mouawad - Rêves I love you  )


L’HOMME ECROULÉ :
J’ai mille raisons de verser des larmes.
Et parmi ces mille raisons,
Une prévaut sur toutes les autres.
Ecris-la pour me faire exister :
Je ne peux pas aimer.
Je ne sais pas aimer.
Je suis incapable d’aimer.
Je ne peux pas croire que l’on m’aime.
Je n’ai jamais aimé.
Il ne m’est pas donné d’aimer.
On ne m’a jamais aimé.
On ne peut pas m’aimer.

Je suis devant l’amour
Comme l’assoiffé au milieu du désert :
A perte de vue, les dunes,
Et des mirages pour seule oasis.

Le philosophe me dit me dit : raisonne.
L’anthropologue me dit : observe.
Le sage me dit : accepte.
Et le psychanalyste me dit : assume.
Et moi qui désire simplement
Que,
Par amour,
On touche ma peau pour y laisser la marque de la tendresse.
Je marche, et je pense à tous ceux qui s’aiment,
Encore endormis,
Blottis l’un contre l’autre.
Je ne suis pas eux, et, déjà, je suis hors du monde.




(....)



LA FEMME DÉCHARNÉE :

La récompense est grande,
Lorsque après une longue journée de marche
On entend le mugissement des vagues
Qui s’entrelacent jusqu’au rivage,
Lorsqu’on les entend, les vagues,
Haleter, haleter, haleter, haleter vers la jouissance
Qui ne viendra jamais,
Voir alors la mer se soulever,
Folle de colère,
Folle de désir,
Imaginer un instant qu’elle est le sexe du monde tourné vers le ciel,
Puis plonger dans ses profondeurs,
S’y perdre,
S’enfoncer plus loin encore,
Là où personne n’a su aller,
Descendre, descendre, descendre encore
Jusqu’au silence de Dieu,
Puis,
Juste avant la noyade,
Remonter éveillée vers la surface,
Et plus loin encore,
Vers le ciel,
Être alors pourfendue par le soleil,
Lutter contre les vagues,
S’élever avec le vent,
Courir sur les flots,
Pour aller s’écrouler,
S’endormir sur le sable,
Epuisée d’amour.
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pan
POETE DES PRAIRIES
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Ven 28 Nov - 0:44

trop bien l'idée des virgules !
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MONARQUE DU BISOU


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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Ven 28 Nov - 2:02

c'est si juste
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Ven 28 Nov - 3:12

je trouve ça embarrassant de platitude.

Citation :
Le philosophe me dit me dit : raisonne.
L’anthropologue me dit : observe.
Le sage me dit : accepte.
Et le psychanalyste me dit : assume.

le poète te dit : ta gueule.
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Février
ATTENTISME FRIGIDE
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Ven 28 Nov - 3:25

un peu de plat et de convenu de temps à autres ça n'a jamais tué personne
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fifty pazi
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Ven 28 Nov - 12:00

LE GRAND YACHT DESPAIR



MON Dieu nous avons parcouru des océans blafards
de longs mois nord et sud et l’on avait gravé ton nom
en lettres hautes de trois pieds sur le mât d’artimon
pour leurrer les courants.
Satan le mégissier fit pour les panneaux de la cale
de petites mauves de cuir avec un coeur d’épingles,
l’on arrima deux cent barils de vin et cent d’absinthe
pour les cyclones assoiffés compagnons et du gin
doux pour les petits alizés frêles comme des femmes
qui viennent prendre les quarts d’étain des mains des matelots
et puis s’essuient la bouche au plumage d’un pétrel.
Le foc était les mains jointes de la Vierge Marie
On cadenassa les sabords contre la houle, on but
le capitaine fit sa prière et l’on appareilla
dans la marée des mouchoirs.
La Croix du Sud entre deux eaux éclatait en blasphèmes
Le premier soir l’on talonna sur une lune pourrie.


Le second soir les poux de mer rongèrent le mât au pied
et il s’en alla aux vagues par le dos le mât mort
On chanta un De Profundis et la misaine
blonde roula avec lui dans un cercueil de sapin
parce qu’elle s’était percé le coeur aux clous d’un plat-bord.
A dieu vat dit le capitaine, carguez bien mes gabiers
carguez bien - le vent chaud enfla le ventre des huniers
une lame noire fleurit cent roses à bâbord
Le troisième soir le beaupré entama l’horizon au cou.

Mon Dieu mon Dieu bien longtemps dans ta mer ton étendue
nous avons baigné soulevés sur la poigne des trombes
près des étoiles, ou salués des ressacs au grand front
accroupis comme des devins sur un rebord du flot.
Dans la hune des hiboux toute la nuit parlaient
d’enfer et nos péchés en bas ullulaient leurs répons
Des poèmes peu à peu avaient fleuri sur nos bras
couleur de soleil gris et comme de petites lyres
qui rendaient au souffle de mer le chant de notre peine.
Mon Dieu nous sommes tes féaux tes gas tes matelots
blancs comme les voiles lorsque tu venais sur le pont
Puis lorsque tu t’en allais nous pêchions les pieuvres lentes
et pâles qui glissaient comme un rêve de l’étendue
les congres les dauphins pressés les marsouins les morues
et l’on célébrait ton nom dans une messe d’écailles.
Tu donnais le bras à quelque vague aux cheveux de poissons
L’on te voyait tout à tribord sous un dais de la brume
qui passais ; alors on semait alentour en hommage
des bouts de corde des queues de raies des yeux de saumons.


Route ! cria le capitaine et le gouvernail dit
route en écho comme un murmure à ras du flot. Les voiles
mordirent l’épaule du vent et notre beau navire
plus fort baratta son chemin d’écume. Les mois
filaient avec un bruit de sable le long de la coque
Les petits soleils timides secouaient des chaînes d’or
tout le jour et le soir liaient à la proue le crépuscule
pour que fût illuminé encore notre repas
Les aubes ô Seigneur avaient de grands ventres d’argent.


Route, route, plus loin, que pètent voiles et haubans !
Le mousse apportait des liqueurs au fond de coupes grêles
et l’on buvait, le torse haut, la tête renversée
vers la polaire en la nommant de petits noms de femme.
Les ailes lourdes les mouettes s’abattaient sur l’avant
par grandes plaques comme de la graine de nuage
Route criait-on, place, place, crèvent foc et clinfoc !
La mer jouait des fesses sous l’oeil en feu des écubiers
Des algues montaient avec de longs déroulements de hanches
des abîmes, et l’on se sentait soudain tout perdus
d’amour sur une quille molle comme un désir.
Place place mes garçons apportez les carafons
Que le vin joyeux coule jusqu’au tonnerre de Dieu
avec sa lie d’étoiles ! les soleils ont bu, ils roulent
sous la table carrée de la brume - place mes beaux garçons…
L’homme de vigie d’une voix enrouée cria Terre.


On vit une terre basse avec un poil de brouillard
coupé ras sur la falaise et un fleuve qui lançait
ses galets dans la mer.
Ohé mes matelots que débarquent ceux-là qui sentent
le besoin de pardon comme une petite colombe
chaude posée sur leur coeur.


Les premiers qui descendirent dans l’île leurs péchés
leur furent remis sans qu’il en restât aucune trace ;
Le premier eut un anneau de plomb, le second une frégate
aux larges ailes, le troisième eut deux varechs en croix
et le quatrième une écume qui fleurit un phosphore
bleu avec une peau très fine comme un doigt de Dieu.
Ils descendirent trois par trois les trente de l’équipage
et le capitaine à la barbe fit le trente et un
Reste, reste, dit-il, ramène frère mon trois-mâts
à Auckland où il mouille sur le troisième reflet
de la lune à gauche de la jetée. Route au nord quart ouest
Garçon tes péchés mortels te serviront bien de lest.


Il dit et trois jardins lentement avec leurs pieds d’ibis
entrèrent dans le fleuve.
Garçon, Monsieur Satan certes a assez de poitrine
pour souffler dans la grand’voile d’un voilier possédé.


Je m’en suis allé sur un jusant doux comme une main
de fiancée Seigneur Seigneur et trois fois j’ai pleuré
trois fois j’ai fait sonner la cloche et trois fois j’ai prié
Oh que dansent les laiderons au son des villanelles
à Auckland par la jetée je ne peux pas arriver
la nuit me roule sur tribord et le flot s’est levé
Ma mère vieille est sur le quai, elle agite un mouchoir
et ma femme dans l’embrun a ses larmes en collier
Elles prient pour que ta pitié enfin mon Dieu s’asseye
au bossoir et file une ancre dans l’océan calmé
pour que je puisse aborder à Auckland sous la jetée
Et me voici, me voici le dernier de l’équipage
sur mon pont mangé de vent avec ma croix d’éclairs
où tu ne viens pas te clouer.

Loys Masson, 1942
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Dim 30 Nov - 12:37

L'écuelle rouge aussi
Où l'eau sale s'oublie
Et qui pourrirait,

Elle sera lavée.

Mais moi, les saisons
Parties s'entasser
Vers le nord et l'est

Ne m'ont pas lavée.

Et cela n'empêche
Qu'ailleurs il y a
L'eau glaciale et noire
Entre les grands rocs.

Et la marée haute
Ne fait qu'y passer.




Il suffit d'une pierre
Pour y penser -

Que c'est si vieux
Que l'eau croupit contre la vase,
Que le feu s'époumone
A bouillir le métal.

Le temps, le temps
A pu faire d'une flamme
Une pierre qui dort debout.

- Mais ton sein pointe dru
Contre le jour qui traîne.



C'est vrai
Qu'il y a aussi des étoiles
Et qu'elles sont belles.

Que brûler leur donne
En fruit la lumière,

Et que rien ne dit
Qu'en leurs feux de pierre
Elles ne sauront rien

De nos mains qui grouillent
De nos mains qui fouillent.



BOEUF ECORCHÉ
A René Méjean.

C'est de la viande où passait le sang, de la viande
Où tremblait la miraculeuse,
L'incompréhensible chaleur des corps.

Il y encore
Quelque chose de la lueur du fond de l'oeil.
On pourrait encore caresser ce flanc,
On pourrait encore y poser la tête
Et chantonner contre la peur.



Il n'a pas voulu - la bonté le tue -
Ouvrir sur tes joues l'eau de tes yeux pâles
Où la mer montait menacer du feu.

Il n'a pas voulu mettre à vif ta chair,
Ta chair au secret pour sa soif de sable.

Il aurait voulu boire à même ta chair
L'humus, le gravier, la lave et le sel
Dont tu fis le sang qui pointe à tes lèvres.

Il aurait voulu - la bonté le tue -
Crier dans ta chair que la mort ne vienne.




Terraqué, Eugène Guillevic, 1942
Crying or Very sad
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Dim 30 Nov - 16:37

L'enfant pâle


C'est la triste feuille morte
Que le vent d'octobre emporte,
C'est la lune, au front du jour,
Que nulle étoile n'escorte,
Au soleil, c'est mon amour,
L'enfant plus pâle que blanche :
Beau fruit mourant sur la branche !

Mais quand la nuit est levée
Je vois la Chère Eprouvée
Qui n'en rayonne que mieux
Dans sa pâleur ravivée.
Et ce m'est délicieux
Comme l'aube de la lune
Aux voyageurs de fortune !

C'est le plus doux des visages
La lampe des Vierges sages
Brûle avec cette douceur.
Esprit des pèlerinages,
Voix de mère et coeur de soeur !
J'ai donné ma vie à Celle
Dont la pâleur étincelle !


Germain Nouveau
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Clafouthy



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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Lun 1 Déc - 22:01

Up into the cherry tree
Who should climb but little me?
I held the trunk with both my hands
And looked abroad in foreign lands.

I saw the next door garden lie,
Adorned with flowers, before my eye,
And many pleasant places more
That I had never seen before.

I saw the dimpling river pass
And be the sky's blue looking-glass;
The dusty roads go up and down
With people tramping in to town.

If I could find a higher tree
Farther and farther I should see,
To where the grown-up river slips
Into the sea among the ships,

To where the road on either hand
Lead onward into fairy land,
Where all the children dine at five,
And all the playthings come alive.



Robert Louis Stevenson
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BACH



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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Jeu 11 Déc - 3:41

Fin de: La nuit, de Saint Amant


Tous ces vents qui soufflaient si fort
Retiennent leur haleine
Il ne pleut plus, la foudre dort,
On n'oit que les fontaines
Et le doux son de quelques luths charmants
Qui parlent au lieu des amants

Je ne puis être découvert
La nuit m'est trop fidèle ;
Entrons, je suis l'huis entrouvert
J'apercois la chandelle
Dieux, qu'est ceci ? Je tremble à chaque pas
Comme si j'allais au trépas

Ô toi dont l'oeil est mon vainqueur
Sylvie, eh, que t'en semble ?
Un homme qui n'a point de coeur
Ne faut il pas qu'il tremble ?
Je n'en ai point, tu possèdes le mien.
Ne veux tu pas donner le tien ?
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BACH



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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Jeu 11 Déc - 3:42


Théophile de Viau

Art poétique, Théophile de Viau

Je veux faire des vers qui ne soient pas contraints,
Promener mon esprit par de petits desseins
Chercher des lieux secrets où rien ne déplaise
Méditer à loisir, rêver tout à mon aise,
Employer toute une heure à me mirer dans l'eau
Ouir, comme en songeant, la course d'un ruisseau
Ecrire dans le bois, m'interrompre, me taire,
Puis composer ces vers sans songer à les faire.
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BACH



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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Jeu 11 Déc - 3:43

Poème, Scudery

Mon coeur il faut perdre la vie
Rien ne saurait t'en empêcher
Soit que tu veuilles t'approcher
Ou t'éloigner de ta Sylvie
Quand on la voit, on ne saurait guérir

En la quittant il faut mourir
Sa rigueur desespère l'âme
Et sa beauté charmes les yeux
La quitter, c'est quitter les cieux
La voir, c'est se voir dans la flamme
Mais puisque rien ne peut nous secourir
Il faut la voir et puis mourir
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MONARQUE DU BISOU


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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Jeu 11 Déc - 11:59

Le mot et la chose, (l'abbé de Lattaignant)


Madame quel est votre mot
Et sur le mot et sur la chose
On vous a dit souvent le mot
On vous a fait souvent la chose

Ainsi de la chose et du mot
Vous pouvez dire quelque chose
Et je gagerais que le mot
Vous plaît beaucoup moins que la chose

Pour moi voici quel est mon mot
Et sur le mot et sur la chose
J'avouerai que j'aime le mot
J'avouerai que j'aime la chose

Mais c'est la chose avec le mot
Mais c'est le mot avec la chose
Autrement la chose et le mot
A mes yeux seraient peu de chose

Je crois même en faveur du mot
Pouvoir ajouter quelque chose
Une chose qui donne au mot
Tout l'avantage sur la chose

C'est qu'on peut dire encore le mot
Alors qu'on ne fait plus la chose
Et pour peu que vaille le mot
Mon Dieu c'est toujours quelque chose

De là je conclus que le mot
Doit être mis avant la chose
Qu'il ne faut ajouter au mot
Qu'autant que l'on peut quelque chose

Et que pour le jour où le mot
Viendra seul hélas sans la chose
Il faut se réserver le mot
Pour se consoler de la chose

Pour vous je crois qu'avec le mot
Vous voyez toujours autre chose
Vous dites si gaiement le mot
Vous méritez si bien la chose

Que pour vous la chose et le mot
Doivent être la même chose
Et vous n'avez pas dit le mot
Qu'on est déjà prêt à la chose

Mais quand je vous dis que le mot
Doit être mis avant la chose
Vous devez me croire à ce mot
Bien peu connaisseur en la chose

Et bien voici mon dernier mot
Et sur le mot et sur la chose
Madame passez-moi le mot
Et je vous passerai la chose
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Lun 29 Déc - 1:11

"It seems so long ago,
Nancy was alone,
looking at the Late Late show
through a semi-precious stone.
In the House of Honesty
her father was on trial,
in the House of Mystery
there was no one at all,
there was no one at all.

It seems so long ago,
none of us were strong;
Nancy wore green stockings
and she slept with everyone.
She never said she'd wait for us
although she was alone,
I think she fell in love for us
in nineteen sixty one,
in nineteen sixty one.

It seems so long ago,
Nancy was alone,
a forty five beside her head,
an open telephone.
We told her she was beautiful,
we told her she was free
but none of us would meet her in
the House of Mystery,
the House of Mystery.

And now you look around you,
see her everywhere,
many use her body,
many comb her hair.
In the hollow of the night
when you are cold and numb
you hear her talking freely then,
she's happy that you've come,
she's happy that you've come."
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Lun 5 Jan - 1:16

« Adieu, Meuse endormeuse et douce à mon enfance,
Qui demeures aux prés, où tu coules tout bas.
Meuse, adieu : j’ai déjà commencé ma partance
En des pays nouveaux où tu ne coules pas.

Voici que je m’en vais en des pays nouveaux :
Je ferai la bataille et passerai les fleuves ;
Je m’en vais m’essayer à de nouveaux travaux,
Je m’en vais commencer là-bas des tâches neuves.

Et pendant ce temps-là, Meuse ignorante et douce,
Tu couleras toujours, passante accoutumée,
Dans la vallée heureuse où l’herbe vive pousse,

O Meuse inépuisable et que j’avais aimée.

Un silence.

Tu couleras toujours dans l’heureuse vallée ;
Où tu coulais hier, tu couleras demain.
Tu ne sauras jamais la bergère en allée,
Qui s’amusait, enfant, à creuser de sa main
Des canaux dans la terre, - à jamais écroulés.

La bergère s’en va, délaissant les moutons,
Et la fileuse va, délaissant les fuseaux.
Voici que je m’en vais loin de tes bonnes eaux,
Voici que je m’en vais bien loin de nos maisons.

Meuse qui ne sais rien de la souffrance humaine,
O Meuse inaltérable et douce à toute enfance,
O toi qui ne sais pas l’émoi de la partance,
Toi qui passes toujours et qui ne pars jamais
O toi qui ne sais rien de nos mensonges faux,

O Meuse inaltérable, ô Meuse que j’aimais,

Un silence.

Quand reviendrai-je ici filer encor la laine ?
Quand verrai-je tes flots qui passent par chez nous ?
Quand nous reverrons-nous ? et nous reverrons-nous ?

Meuse que j’aime encore, ô ma Meuse que j’aime.»
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rhodave

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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Lun 5 Jan - 21:13

Robert Frost, Birches (Mountain Interval)

When I see birches bend to left and right
Across the lines of straighter darker trees,
I like to think some boy's been swinging them.
But swinging doesn't bend them down to stay
As ice-storms do. Often you must have seen them
Loaded with ice a sunny winter morning
After a rain. They click upon themselves
As the breeze rises, and turn many-colored
As the stir cracks and crazes their enamel.
Soon the sun's warmth makes them shed crystal shells
Shattering and avalanching on the snow-crust—
Such heaps of broken glass to sweep away
You'd think the inner dome of heaven had fallen.
They are dragged to the withered bracken by the load,
And they seem not to break; though once they are bowed
So low for long, they never right themselves:
You may see their trunks arching in the woods
Years afterwards, trailing their leaves on the ground
Like girls on hands and knees that throw their hair
Before them over their heads to dry in the sun.
But I was going to say when Truth broke in
With all her matter-of-fact about the ice-storm
I should prefer to have some boy bend them
As he went out and in to fetch the cows—
Some boy too far from town to learn baseball,
Whose only play was what he found himself,
Summer or winter, and could play alone.
One by one he subdued his father's trees
By riding them down over and over again
Until he took the stiffness out of them,
And not one but hung limp, not one was left
For him to conquer. He learned all there was
To learn about not launching out too soon
And so not carrying the tree away
Clear to the ground. He always kept his poise
To the top branches, climbing carefully
With the same pains you use to fill a cup
Up to the brim, and even above the brim.
Then he flung outward, feet first, with a swish,
Kicking his way down through the air to the ground.
So was I once myself a swinger of birches.
And so I dream of going back to be.
It's when I'm weary of considerations,
And life is too much like a pathless wood
Where your face burns and tickles with the cobwebs
Broken across it, and one eye is weeping
From a twig's having lashed across it open.
I'd like to get away from earth awhile
And then come back to it and begin over.
May no fate willfully misunderstand me
And half grant what I wish and snatch me away
Not to return. Earth's the right place for love:
I don't know where it's likely to go better.
I'd like to go by climbing a birch tree,
And climb black branches up a snow-white trunk
Toward heaven, till the tree could bear no more,
But dipped its top and set me down again.
That would be good both going and coming back.
One could do worse than be a swinger of birches.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Lun 5 Jan - 22:34

Oh, Bobby Frost

I love you I love you I love you
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rhodave

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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Lun 5 Jan - 22:55

ha tu le connais ! tu aurais un recueil à me conseiller?
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Lun 5 Jan - 23:35

J'ai un recueil bilingue anglais-allemand. C'est juste une sélection Embarassed

A part ça, je ne connais pas du tout le nom des recueils qu'il a publiés! Mais je suis sûre que de gentils anglicistes sur le forum peuvent nous renseigner
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MessageSujet: Re: les jolis poèmes (ou extraits)   Mar 6 Jan - 21:25

Au jardin de mon père, les lauriers sont fleuris, (bis)
Tous les oiseaux du monde viennent y faire leur nid.

Refrain :
Auprès de ma blonde, qu’il fait bon, fait bon, fait bon,
Auprès de ma blonde, qu’il fait bon dormir !

Tous les oiseaux du monde viennent y faire leur nid, (bis)
La caille, la tourterelle, et la jolie perdrix.

Refrain

La caille, la tourterelle, et la jolie perdrix, (bis)
Et ma gentille colombe qui chante jour et nuit.

Refrain

Et ma gentille colombe qui chante jour et nuit, (bis)
Qui chante pour les filles qui n’ont point de mari.

Refrain

Qui chante pour les filles qui n’ont point de mari, (bis)
Pour moi ne chante guère, car j’en ons un joli.

Refrain

Pour moi ne chante guère, car j’en ons un joli. (bis)
Dites-nous donc, la belle, où donc est vot’ mari?

Refrain

Dites-nous donc, la belle, où donc est vot’ mari? (bis)
Il est dans la Hollande, les Hollandois l’ont pris.

Refrain

Il est dans la Hollande, les Hollandois l’ont pris. (bis)
Que donneriez-vous belle, pour avoir votre ami?

Refrain

Que donneriez-vous belle, pour avoir votre ami? (bis)
Je donnerions bien Rennes, Versailles et Saint-Denis.

Refrain

Je donnerions bien Rennes, Versailles et Saint-Denis, (bis)
Les tours de Notre-Dame, et ma colombe aussi.

Refrain

Les tours de Notre-Dame, et ma colombe aussi, (bis)
Et ma gentille colombe, qui chante jour et nuit.

Refrain
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